Animer une réunion ou un RonKozé

De La documentation de La Raffinerie
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Cette documentation n’a pas vocation à créer un cadre rigide, mais plutôt à proposer des outils et des repères pour prendre soin :

  • du groupe,
  • de la parole,
  • du temps,
  • des relations,
  • et du sujet traité.

Pourquoi structurer les réunions et les Ron Kozé ?

Mettre en place une animation structurée permet de créer des espaces plus équilibrés et plus accessibles.

L’objectif n’est pas de contrôler les échanges, mais de créer des conditions favorables à l’intelligence collective.

Structurer un temps collectif peut permettre :
  • Favoriser une parole plus équilibrée ➜ éviter la monopolisation et laisser plus de place aux personnes discrètes
  • Améliorer l’écoute et la compréhension mutuelle ➜ créer un cadre plus clair pour les échanges
  • Clarifier les décisions et les objectifs ➜ éviter les discussions floues ou sans suite
  • Fluidifier les échanges et la gestion du temps ➜ éviter la dispersion et l’épuisement du groupe
  • Permettre une participation plus inclusive ➜ faciliter la prise de parole de chacun·e
  • Mieux gérer les tensions relationnelles ➜ éviter qu’elles s’installent ou s’aggravent
  • Limiter la fatigue, la frustration ou le sentiment d’exclusion liés à des échanges mal structurés
  • Rendre visibles certaines dynamiques implicites ➜ monopolisation de parole, perte du sujet, déséquilibres, fatigue ou tensions collectives

Le cadre n’a pas pour objectif de rigidifier les échanges, mais de créer des conditions plus accessibles, plus fluides et plus confortables pour la participation collective.

Les différents rôles

Selon le type de réunion ou de Ron Kozé, plusieurs rôles peuvent être répartis entre différentes personnes, une personne peut également prendre plusieurs rôles en fonction de l'ampleur du moment.

Facilitateur·rice / Animateur·rice

➜ Le ou la facilitateur·rice accompagne le déroulement global du temps collectif.

➜ Il.elle veille à la circulation de la parole, au respect du cadre et à l’avancement du groupe.

➜ Son rôle n’est pas d’imposer des idées ou de diriger le contenu des échanges.

➜ La facilitation consiste davantage à accompagner qu’à dirige
Ses Missions Ses Postures
  • Présenter le cadre et l’intention du moment
  • Introduire les différentes étapes
  • Distribuer la parole
  • Favoriser l’écoute
  • Recentrer les échanges si nécessaire
  • Reformuler certains propos
  • Clarifier les points importants
  • Maintenir une dynamique collective
  • Veiller à l’équilibre des prises de parole
  • Aider le groupe à avancer
  • l’écoute active,
  • une neutralité relative,
  • une attention au groupe,
  • de la clarté,
  • du calme,
  • et d’humilité.

Modérateur·rice

➜ Le ou la modérateur·rice intervient principalement sur la qualité relationnelle des échanges.

➜ Ce rôle peut être particulièrement utile :

  • dans les grands groupes,
  • lors de sujets sensibles,
  • dans les discussions longues,
  • ou lorsqu’il existe des tensions.

➜ Le ou la modérateur·rice vient en soutien de la facilitation.

Ses Missions Ses Postures
  • Veiller au respect du cadre relationnel
  • Observer les dynamiques de groupe
  • Repérer les tensions ou déséquilibres
  • Aider à ralentir le rythme
  • Intervenir en cas de débordement
  • Rappeler les règles de parole
  • Soutenir les personnes moins à l’aise
  • Favoriser un climat d’écoute
  • apaisante,
  • attentive,
  • non jugeante,
  • stable,
  • et bienveillante.

➜ L’objectif n’est pas de sanctionner, mais d’aider le groupe à retrouver un cadre de discussion plus serein.

Gardien·ne du temps

➜ Le ou la gardien·ne du temps aide le groupe à respecter la durée prévue pour chaque étape.

Ses Missions Ses Postures
  • Annoncer les temps prévus
  • Prévenir lorsqu’un temps arrive à sa fin
  • Signaler les retards
  • Aider à prioriser les sujets
  • Éviter qu’un sujet prenne toute la place
  • de la clarté,
  • de la régularité,
  • de l’attention au rythme du groupe,
  • sans rigidité excessive.

Rapporteur·rice / prise de notes

➜ Le ou la rapporteur·rice garde une trace des échanges afin de permettre un suivi collectif.

Ses Missions Ses Postures
  • Noter les idées principales
  • Identifier les décisions prises
  • Relever les prochaines actions
  • Identifier les référent·es
  • Synthétiser les échanges
  • de l’écoute,
  • de la synthèse,
  • de la clarté,
  • et une certaine neutralité dans la retranscription.

L’objectif n’est pas de tout noter, mais de conserver les éléments utiles au collectif.


Participant·es

La qualité d’une réunion dépend également de l’implication des participant·es.

Quelques points d’attention à rappeler en début de réunion : le cadre de sécurité
  • Écouter sans interrompre
  • Respecter les temps de parole
  • Laisser de la place aux autres
  • Essayer d’être synthétique
  • Respecter le cadre collectif
  • Participer de manière constructive
  • Accepter les désaccords

Déroulé d’une réunion ou d’un Ron Kozé

Avant la réunion

Clarifier l’intention Préparer le cadre Préparer le déroulé / programme
Avant de préparer une réunion, il est important de clarifier :
  • pourquoi ce temps existe,
  • ce qui est attendu du groupe,
  • et ce qui doit ressortir à la fin.

Quelques exemples :

  • partager des informations,
  • prendre une décision,
  • résoudre une tension,
  • réfléchir collectivement,
  • recueillir des idées,
  • créer un espace de parole.
Quelques éléments à anticiper :
  • la durée,
  • nombre de participant·es,
  • disposition de l’espace,
  • matériel nécessaire,
  • répartition des rôles,
  • déroulé prévisionnel,
  • règles de fonctionnement.
Exemple simple :
  1. Accueil / Inclusion
  2. Présentation du cadre
  3. Tour d’inclusion
  4. Sujet principal
  5. Temps d’échange
  6. Synthèse
  7. Décisions ou prochaines étapes
  8. Déclusion

Déroulé de la réunion / Ron Kozé

Présentation Inclusion pendant Fin de réunion / Declusion
Le début de réunion permet de créer un cadre commun.

Il peut être utile de :

  • rappeler l’intention du temps,
  • présenter les rôles,
  • annoncer le déroulé,
  • rappeler certaines règles de parole,
  • permettre à chacun·e d’arriver dans le temps collectif.
Le tour d’inclusion permet d’aider les participant·es à entrer dans la réunion.

Exemples :

  • météo du moment,
  • état d’esprit,
  • attentes,
  • mot rapide,
  • tour de prénom.
quelques outils :
  • Tour de parole ➜ Permet à chacun·e de s’exprimer à son tour.
  • Bâton de parole ➜ Objet symbolique indiquant qui a la parole.
  • Temps de silence ➜ Permet de ralentir et laisser du temps de réflexion.
  • Reformulation ➜ Permet de vérifier la compréhension et clarifier certains propos.
  • Questions ouvertes ➜ Favorisent l’expression et la réflexion collective.
La clôture permet de sortir du temps collectif de manière claire.

Elle peut inclure :

  • une synthèse,
  • les décisions prises,
  • les prochaines étapes,
  • les personnes référentes,
  • un tour de ressenti,
  • ou une déclusion.

Que faire si…

Les difficultés qu'on peut rencontrer

Que faire si une personne monopolise la parole ?

Quelques pistes :

  • reformuler puis redistribuer la parole,
  • proposer un tour de parole,
  • rappeler le cadre,
  • limiter le temps d’intervention,
  • ou inviter d’autres personnes à s’exprimer.

Exemple :

« Merci, est-ce qu’on peut entendre d’autres points de vue avant de revenir dessus ? »

Que faire si personne ne parle ?

Quelques pistes :

  • accepter le silence,
  • reformuler la question,
  • proposer un temps de réflexion,
  • passer par l’écrit,
  • faire des petits groupes,
  • ou faire un tour rapide.

Le silence n’est pas forcément un problème.

Que faire si le groupe s’éloigne du sujet ?

Quelques pistes :

  • reformuler l’objectif initial,
  • proposer de noter le sujet pour plus tard,
  • résumer les échanges,
  • ou recentrer doucement la discussion.

Exemple :

« Je propose qu’on revienne au sujet principal et qu’on garde ce point pour un autre temps. »

Que faire si une tension apparaît ?

Quelques pistes :

  • ralentir le rythme,
  • nommer calmement la tension,
  • rappeler le cadre d’écoute,
  • reformuler les incompréhensions,
  • proposer une pause si nécessaire.

L’objectif n’est pas d’éviter les tensions à tout prix, mais de permettre qu’elles puissent être exprimées dans un cadre respectueux.

Que faire si plusieurs personnes parlent en même temps ?

Quelques pistes :

  • ralentir le rythme,
  • redistribuer clairement la parole,
  • proposer un tour,
  • ou utiliser un bâton de parole.

Que faire si une personne coupe régulièrement la parole ?

Quelques pistes :

  • rappeler le cadre collectivement,
  • intervenir calmement,
  • redonner la parole à la personne interrompue.

Exemple :

« Je propose qu’on laisse la personne terminer avant de répondre. »

Que faire si le groupe fatigue ?

Quelques pistes :

  • faire une pause,
  • raccourcir certains sujets,
  • proposer un temps plus dynamique,
  • changer de format,
  • ou terminer certains points plus tard.

Que faire si une personne semble mal à l’aise ou exclue ?

Quelques pistes :

  • ralentir le rythme,
  • ouvrir un espace de parole,
  • proposer un tour,
  • faire attention à la place prise par certaines personnes,
  • ou aller échanger avec la personne après la réunion si nécessaire.

Que faire si le groupe n’arrive pas à prendre une décision ?

Quelques pistes :

  • reformuler les désaccords,
  • clarifier les besoins,
  • identifier ce qui bloque,
  • vérifier si une décision est réellement nécessaire immédiatement,
  • ou proposer un autre temps dédié à la décision.

Que faire si la réunion dépasse largement le temps prévu ?

Quelques pistes :

  • prioriser les sujets,
  • reporter certains points,
  • synthétiser davantage,
  • clarifier les prochaines étapes,
  • ou prévoir un autre temps de travail.

Le respect du temps est aussi une manière de prendre soin du groupe.